叙事的崩溃:绘画是位于语言之外的沉思

 

胡枢 文

刊于《艺术世界》335/2018.11  苏格兰高原的狮子

                                                                                 

 

 

                                                       

 

由于网络使得图片在社会中更容易快速流动,并且图片的生产变得极为容易,通过互联网几十年所积累的图像,现在存在一个由各种跨越地域限制并且极为浩瀚的视觉信息以及不确定的观点组成的视觉景观,远超人们可以真实接触的世界,并且代替知识和信仰,成为人们做出判断与选择的标准。在这个景观中,没有提前的规划和长远的建构只有信息无限地叠加和生长。社交网络让这个虚构的视觉世界变的无比清晰,人们可以迅速地在社交平台上发布图片。人们的故事以视觉方式呈现,但往往这些故事都缺乏完整性,只展示动人的那一面,因为在社交网络中获得关注度才是衡量这些故事价值的重要标准。人们精心打理着在虚拟空间里的自我形象,在社交平台上构建的完全是一个精修版的人生故事。这些故事似乎都充满着度假、海边健康的皮肤和身体。

 

但是生命不是虚构的故事,那些直面晦暗现实的迷茫和痛苦也有其价值。一个好的故事并不用一定是真实的,只要能让人产生身份或者观念上的认同,就是一个好的故事人就是一种极为依赖故事的生物,用故事而非视觉来思考正如保罗利科所言“叙事赋予身份”2。叙事赋予身份,反过来理解的话,人的身份认同是建立在叙事之上的,一个具有感染力的叙事中一定有容易让人带入的角色身份,人们不停地通过自己的努力来符合这个角色从而得到这个身份 。叙事通常带有说明和解释,在呈现一个故事的前因后果之中带出对角色身份的解释,因为在叙事之中每一个角色都如同一个符号或者多个符号的组合,需要进行解读从而理解其在叙事中的作用,但是解读总是充满着误解,任何符号和作品都来自于其特有的文化背景和不同的历史时代,它们的意义并不是直接通过字里行间纯粹的语言意义来展示出来的。作者往往费尽心力搭建一个“好”的叙事,其意味着丰富的符号含义、精妙的情节逻辑以及代入感极强的角色设定等等,但这其实是并不利于观者加深自己的体验,因为精妙庞大的叙事结构如同一个语义和形象的迷宫,容易使人迷失在对各种细节的欣赏之中,所以在理解艺术作品的过程中,发现叙事目的背后作者的生命体验才是真正重要的。

 

社交网络把图像的影响扩大到每一个人身上。图像并不是对既有事物的直接再现,也不仅仅是虚假的表象,而是一种拥有无限增殖能力的能量。通过如同插在身体上的数据接口一样的个人电子设备,图像得以入侵每个人的大脑。

 

但是在图像大量进入日常生活之前,文字是传播信息和交流思考的主要载体,图像以插图的形式是作为文字的附属从而被文字解释或者成为文字的补充。文字思维代表着理性的意义和逻辑思想。理解文字总是要按照顺序观看,强调前后文的联系。而现在,图像的使用不再需要文字的解释而依靠自身就可以传达意义。图像本身就是现实,但是这个现实被呈现出来的只是其中的一部分,这个选择呈现哪一部分的权力我们既有也无。图像快速增殖也相互嫁接形成二次图像、三次图像等等。以往以阅读作为想象世界的主要方式的时候,对世界的认识是文字化的,文字指引着行动,对所有风景都有初见的热情和兴奋。而在图像时代,在观看探索世界之前,图像已经提前构建出了世界的样貌。地图导航短短十年时间就让查看地图的习惯变成明日黄花,更不用提根据太阳位置和阴影来辨别方位这样罕见的能力。“作为文本的世界已经被作为图像的世界所取代”5。如此海量的图像已经构建起一个视觉世界,正如文章前面的猜测,图像的增殖不会停止,这让图像越来越威胁着现实。图像带给我们经验和记忆,对现实本身的认识也要依靠图像的描述。图像应该是我们视觉的延伸,而不是观察和理解现实世界的视觉甚至思想障碍。

 

人依赖图像,而图像并不是现实真实的反映,虽然它所反映的与其原型相差无几,但是其中的逻辑却无法保证完全相同。图像带来的共生景观是人类的虚构能力通过科技的一次大爆发,世界被图像构建成一个视觉上的主题公园,摄影机成为我们观看的第三种角度,我们探索和观看世界的方式在一定程度上不再是直接的、初次的、懵懂的,而是如同去印证我们的已知的视觉感受。

 

所以绘画总要面对再现这个问题,或者考虑再现究竟是不是一个问题。在图像极容易流通和支配视觉的这样一个时代,在真正空白的纸上作画是困难的,因为图像早在起心动念之前就支配了创作者的视觉和头脑。再现这种方式无处不在,越是精确地再现离视觉表现越远,离传达信息越近。绘画应该是一片边界模糊的森林,因为在森林这样一个复杂的生态环境中,人的感官感觉会变得更加专注,对环境的任何变化都更敏感,绘画就应该引起这种感官状态的变化,而与讲述或理性思维保持距离。比如雷内·玛格丽特(René François Ghislain Magritte)的所有努力都是为了使再现变得模糊不精确,以确保形象处于现实与虚构之间的某个位置。这是因为再现指涉外在的故事和叙事,那对它的观看就变成了在形象中提取可以理解的信息,变成一种把图像转译成文字的行为,如此一来作品就仅仅成为了提供信息的载体。再现的形象是词和短语的集合体,对此类作品的观看带有强烈的阅读文字的趣味,阅读文字的显著特点是有序地接收信息,所以才有推理和逻辑,但是绘画所包含的信息以一种同时呈现的方式被人接收和观看。相比起可以逐条分析的文字,对绘画的观看体验更像是一种感受在先的神经刺激,一种先于语言文字的视觉感受和心灵体验。

 

“图画并不能真正再现它所欲再现的事物”3。再现的再现,如同故事的故事,内部增殖导致了其本身叙事秩序的崩溃,从而成为一个没有穷尽不断坍塌的深渊。在再现的逻辑中,任何物品都是一段可辨识的影像。所以摄影不是再现,它就是事物和规律本身,它应被理解为那可被辨识的影像的精准摹本。而绘画不是复制,应该是对现实事物的独特解释。再现的崩溃是以一种几乎无尽的自我内部增殖的方式达到的,实际上也是再现这种表达方式最极致的美学。而吉尔·德勒兹(Gilles Louis René Deleuze)通过对弗朗西斯·培根(Francis Bacon)的作品进行的分析中指出了绘画中的另外一条路。培根的“形象绘画”4 使用了极为复杂的手法达到了在抛弃叙事和再现的条件下,直击观众的感觉神经。培根和德勒兹实际上开拓出一种与以往具象和抽象不同的领域,使绘画在与建立于语言体系之上的叙事和理性再现分离之后拥有了更多的可能性。

 

绘画或者作品不是被动或主动的思辨展示,而是在思辨中塑造这种感觉的形态。所以被耕种的原野、被修剪的树木,工地、废墟都需要被重新重视,被破坏的但是却还在生长的自然、破碎的物品和被遗忘的废墟所带来的未完成感使得其成为森严的现实叙事世界中的一条得以理解和体验纯粹感觉和原始动力的裂缝,在空旷的缺失中识别出世界直接且单独呈现出的面貌。所以拒绝再现就是不再沉浸在对过去虚伪的乡愁之中。

 

 

 

 

注:

 

1 [法] 保罗·利科,过去之谜 [M].綦甲福,山东大学出版社,2009

 

2 [法] 保罗·利科,Paul Ricoeur, Narrative identity, In David Wood, On Paul Ricoeur: Narrative and interpretation[M], London, Routledge, 1991, p.188.

 

3 [法] 米歇尔·福科,词与物 [M].莫伟民,上海三联书店,2001,p.8。

 

4 [法] 吉尔·德勒兹,感觉的逻辑 [M].董强,广西师范大学出版社,2011。

 

5 [美] 尼古拉斯·米尔佐夫,视觉文化导论 [M].倪伟,江苏人民出版社,2006,p.7。

 

Paysages, Ruines et Hétérotopie

 

 Dragomir Moumdjiev 

 

Dans les oeuvres de HU Shu, l’eau se répand à travers des paysages hors temps et elle se présente comme une ressource rare et si précieuse qui permet de donner la vie… ou de redonner la vie. Et quand cette eau ne se déverse pas ça et là, elle est source d’espoir… elle nous apaise. Elle perce des chemins ici et là et reprend ses droits.

 

Elle slalome dans des citées où le passé, le présent et le futur auraient fusionné et elle nous conduit, à travers son déversement maitrisé, à nous perdre dans les détails des oeuvres de HU Shu. Ici des constructions antiques, là des immeubles chinois et puis, plus loin, des montagnes. L’artiste nous fait voyager et fait appel à notre imagination.

 

Et en même temps, il nous montre -et pointe du pinceau- un monde qui se voudrait complètement façonné par l’homme. Un monde où la nature est maîtrisée par l’homme, mais jusqu’où? 

 

C’est irrésistible, nous sommes happés, aspirés par les dessins de HU Shu. Nous pouvons y lire diverses histoires et remarquer des choses que nous n’avions pas vu la première fois. Et puis, quand nous reculons, tout d’un coup, nous sommes saisis, et aussitôt rattrapés par notre réalité et celle de notre monde. Celui-ci change et se transforme à cause de l’homme. Mais à quel prix?

 

Une terre complètement creusée par des mines avec des fumées au loin et des ruines de temps anciens. Une sensation de déjà vu s’éveille en nous. Et soudain on se demande « Où suis-je ? Dans le passé? Dans le présent? Dans un futur? Un futur pas si lointain…». A certains moments, nous pensons savoir où nous sommes, dans nos certitudes, et puis soudain nous sommes perdus. 

 

Plus loin, nous voyons un monde complètement en détresse qui frôle, à certains moments, l’apocalypse. Et malgré tout, comme si l’homme avait réussi à maîtriser presque l’ensemble des éléments qui se présentaient à lui, l’eau revient à la charge et le nargue. Elle est trop forte pour lui, c’est inexorable, c’est inévitable, elle revient. Elle est cette chose qui fait pousser les plantes et les arbres. Elle est cette chose qui nous fait vivre. Au final, nous ne pouvons pas nous en passer. Elle est partout. Et à travers les oeuvres de HU Shu, elle nous tranquillise. 

 

Même si l’artiste nous invite à nous perdre, il nous laisse l’opportunité de contempler et de méditer. Que cela soit à travers la richesse des détails de ses oeuvres ou de celles qui sont très épurées, à l’image de ce jardin zen entouré de montagnes, cet îlot préservé, seul endroit où nous serions à l’abri de la dureté du monde et de sa brutalité. Cela nous apaise une seconde fois. Cela nous protège aussi. Ce jardin c’est aussi notre jardin secret où nous pouvons librement penser, librement évoluer et cultiver. 

 

A d’autres endroits, HU Shu nous parle de la mort, de la disparition. Il y a encore ces montagnes tout autour. Cette fois-ci elles ne sont pas là pour protéger ce jardin secret mais elles sont là pour qu’on ne voit pas. Qu’on ne voit pas cette boîte noire, ce cercueil, cette boite de Pandore. Nous avons beau la fixer pendant de longues minutes, nous avons l’irrésistible envie de savoir ce qui s’y cache. Ce sont aussi peut-être nos pensées les plus sombres qui y dorment et qu’il ne faudrait pas réveiller. Si nous ouvrons cette boîte ou ces pensées, nous ne serions plus humain. Le chaos se répandrait. 

 

En fait, HU Shu nous parle aussi à travers ses oeuvres du yin et du yang avec le blanc de son papier et l’encre de Chine qui y est déposée. Nous avons tous cette part de lumière et ce côté sombre, nous sommes tous humains, et cette double face de l’humanité ressurgit tout d’un coup dans ses dessins. Nous pouvons tout à fait construire mais aussi détruire. Ou construire n’est-t-il pas déjà détruire? Ce sont aussi les mains de l’homme qui sont visées et sa manière de faire et de penser. Nos mains, tout comme nos pensées, sont capables de tout, du meilleur comme du pire.

 

Quand nous avons enfin fini de regarder, une à une, les oeuvres de HU Shu, une certaine nostalgie, celle des mondes anciens, s’empare de nous. Une certaine mélancolie aussi. Ou, pour les plus imaginatifs, des histoires qui prennent soudain forme sous nos yeux et dans nos têtes. Et l’envie qu’encore une fois elles prennent davantage vie sous nos yeux. Que tout ceci se mette à bouger. Toute la création de HU Shu nous nourrit et nous fait voyager dans différents temps.

 

HU Shu le dit lui-même, il n’existe pas de temps unique mais plusieurs temps. Nos montres nous dictent des durées, mais qu’est-ce que le temps? Une mesure inventée par l’homme, une envie de programmer les choses et de s’enfermer dans une forme de réalité et de rythme. Et si, dans nos temps modernes, nous prenions enfin le temps de nous perdre, d’avoir le luxe de se laisser aller et de contempler?

 

Ou il ne s’agit pas de la bonne interprétation, mais que l’artiste nous présente un univers utopique et ses vestiges. Où l’homme serait en train de réparer ses erreurs et essaierait de soigner le monde dans l’état où il l’a laissé. Comme s’il s’agissait d’une ultime chance, de notre ultime challenge. Celui de savoir vivre ensemble sans se détruire et de redonner ses droits à la nature. Mais là aussi, et c’est étrange, la notion de temps nous rattrape ; nous avons l’impression que cet ultime challenge de l’humanité est celui d’aujourd’hui.

 

Devant ces images prémonitoires, nous prenons refuge dans les détails et dans ce qui est « beau » : les cascades, les temples antiques, les reliefs sans fin… Puis au-delà du « beau », l'envie de s’évader de notre existence et de rêver.

 

Une fois les yeux imprégnés et détachés des oeuvres de HU Shu, nous pouvons quitter ce monde et retourner au nôtre. Nous aurons pu couper avec notre temps… 

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